La supercherie Lecornu : s’exonérer, externaliser
Le Premier Ministre Sébastien Lecornu vient d’annoncer la suspension des cours en fin de semaine dans les lycées. Cette décision est présentée comme un geste d’apaisement et d’ouverture à l’égard des lycéens mobilisés, avec pour objectif de susciter « un temps de démocratie interne ». En réalité, il n’en est rien. Bien au contraire, il s’agit d’une vaste et sinistre supercherie.
La minorité macronienne cherche avant tout à s’exonérer de ses lourdes responsabilités dans la situation de crise qui agite notre service public d’éducation. Le bilan des deux quinquennats du Président Macron en la matière s’apparente sans le moindre doute à un gigantesque passif. Les contre-réformes n’ont produit que dégradations et déstabilisations pour l’Ecole de la République. A la recherche d’oxygène, Sébastien Lecornu opte pour le stratagème pourtant éculé des libéraux endurcis visant à externaliser ses responsabilités aux échelons hiérarchiques inférieurs. Autrement dit, à refiler la « patate chaude » au plus près du terrain. L’opération enfumage est décrétée !
C’est ainsi que les Régions seront rendues seules responsables du mauvais entretien des bâtiments. En oubliant un peu hâtivement que les dotations budgétaires allouées par l’Etat sont continuellement rabotées par l’application de l’austérité. Et ce même si les régions effectuent des choix plus que contestables, comme la région Occitanie prétendument de gauche dirigée par Carole Delga et son homologue d’Ile-de-France clairement de droite sous la férule de Valérie Pécresse, préférant cotiser à l’économie de guerre ou favoriser les établissements scolaires privés par une dérive clientéliste délétère.
Dans une logique identique, les chefs d’établissements seront directement et individuellement tenus pour fautifs des insuffisances des emplois du temps, pour mieux masquer les conséquences désastreuses de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, en termes d’organisation des enseignements. Quant aux personnels enseignants, il leur sera reproché d’avoir une part de responsabilité significative dans la dégradation du climat scolaire, avec injonction de « faire mieux avec moins ». Pour mieux se défausser des classes surchargées, des suppressions de poste ou du système d’orientation post-bac terriblement anxiogène de Parcoursup.
Ne tombons pas dans le grossier subterfuge. Peut-être, comme pour les Gilets jaunes, demandera-t-on en amusant la galerie de rédiger des cahiers de doléances ? Poursuivons la mobilisation. Et en 2027, changeons de cap pour placer enfin notre système éducatif au service de l’intérêt général !
Francis DASPE, La France Insoumise, auteur de « Blanquer à l’assaut de l’Ecole de la République. Chronique militante d’une casse et d’un casse », Editions du Borrego, décembre 2021
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