Retraites : Edouard Philippe entre procastination affectée et mystification décomplexée
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Édouard Philippe vient de dévoiler sa nouvelle réforme des retraites : 65 ans pour l’âge de départ légal et jusqu’à 45 années de cotisation, avec en parallèle l’introduction d’une dose de capitalisation. Il pourrait donc donner l’impression de reculer sur son projet initial de départ à la retraite à 67 ans.
Devant une réforme très impopulaire dans la perspective d’une élection présidentielle, serait-il tenté de procastiner, c’est-à-dire de remettre aux calendes grecques ce qu’il promettait de faire sitôt élu ? En réalité, pas réellement : il s’agit ni plus ni moins que d’une misérable entourloupe. L’augmentation de la durée de cotisation à 45 années obligera la grande majorité à partir au-delà de 65 ans pour obtenir une retraite à taux plein, décote oblige. Ce sera le cas de presque tout le monde : femmes aux carrières hachées, précaires souvent éloignés de l’emploi au cours de leur vie, travailleurs entrant tardivement dans la vie active en raison d’études plus longues etc.
Derrière les annonces et les effets de communication, cela ne changerait pas grand-chose pour nos concitoyens : il faudrait travailler encore plus longtemps. Car il s’agit de faire payer toujours au final l’équilibre du système par le temps de vie des travailleurs.
La casse des retraites par répartition fondées sur la solidarité intergénérationnelle se fait non seulement par l’aggravation des paramètres, mais aussi par une remise en cause systémique avec l’introduction de la capitalisation. Ce sont de véritables armes de destruction massive qui sont ainsi utilisées. La procastination n’est qu’affectée, la mystification décomplexée, la détermination à réaliser la basse besogne renforcée. Le résultat annoncé est en fin de compte de devoir travailler davantage.
Il faut au contraire inverser la logique. La retraite est un droit, pas une variable d’ajustement budgétaire. Il y a urgence à poser la question du partage des richesses, notamment en faisant contribuer davantage les revenus les plus élevés et les profits du capital.
La question n’est pas de savoir comment faire travailler les Français toujours plus longtemps. Elle est de savoir quelle société nous voulons construire après une vie de travail. Cela passe par le retour à la retraite à 60 ans à taux plein pour une carrière complète et avec 40 annuités de cotisation.
Francis DASPE, La France Insoumise
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