Réfutation des impasses scolaires de Claude Barate
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L’ancien député de droite Claude Barate a publié une tribune en réaction à la divulgation des résultats de l’enquête PISA en matière d’éducation. Il y explicite les grandes orientations de sa vision de l’école. Je m’inscris en faux contre une grande partie de ses analyses et de ses propositions, considérant qu’il s’agit de contresens ou d’impasses qui ont déjà lourdement déstabilisé le service public d’éducation.
Claude Barate estime d’abord que la crise n’est pas due à un manque de moyens. Il s’agit d’une manière détournée pour mieux justifier les politiques d’austérité et les nombreuses coupes budgétaires, alors que les établissements ont besoin de davantage de présence humaine.
Il promeut une vision minimaliste et utilitariste des savoirs à transmettre. Sous couvert de revenir à des fondamentaux certes nécessaires, il ouvre la voie à une version rabougrie des apprentissages. Les bases d’une école à deux vitesses seraient alors posées : le socle commun pour le peuple, les approfondissements pour une élite de la richesse qui pourra les acquérir sur le marché de l’éducation.
On note une obstination à casser le cadre national du système public d’éducation. Tous les leviers sont convoqués pour cette basse besogne : régionalisation, autonomie libérale des établissements transformés en entreprises et mis en concurrence, contractualisation asymétrique renforçant les inégalités territoriales, mythe du chef d’établissement paré des atours du chef d’entreprise etc.
On ne peut qu’être frappé par l’illusoire croyance en la notion de projet d’établissement. Le verbiage pompeux de tels documents sert bien souvent à diluer les réalités concrètes de territoires ne disposant pas des mêmes atouts. Ils consacrent la « balkanisation » de l’école de la République. Il ressort de ces analyses une forme d’insensibilité à la réalité sociale, avec une occultation récurrente de l’existence d’une société de classes et de son cortège d’injustices. Cette école devient celle de la reproduction décomplexée des inégalités socio-scolaires sur la base de capitaux culturels différenciés.
En fin de compte, Claude Barate est un bon « sarkozyste », dans une logique décliniste quelque peu vieillotte, rétrécissant l’école au triptyque « un marché, une marchandise, une entreprise ». On peut y ajouter un zeste d’angélisme visant à se donner bonne conscience à bon compte, avec chaque enfant assimilé à « un rêve de dieu », à rebours du principe de laïcité. Décidément, que de contresens et d’impasses qui démantèlent quotidiennement notre école…
Francis DASPE
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