Placer les polices municipales au service de la sûreté et de la tranquillité publiques
Les propos tenus par un policier municipal de Carcassonne ont légitimement provoqué une onde de choc. Il est strictement factuel d’indiquer que la municipalité de Carcassonne est dirigée depuis mars dernier par un maire d’extrême droite, membre du Rassemblement National, ancien député de l’Aude. En quelques mois, il a beaucoup fait pour être « défavorablement connu » en raison d’un respect pour le moins extensif des principes républicains les plus élémentaires.
Les propos proférés de manière décomplexée par l’agent de police municipale (par ailleurs membre du service de sécurité du Rassemblement National) sont véritablement choquants, tant par leur nature que leur répétition. Ils tombent clairement sous le coup de la loi. Une avalanche de discriminations ne constitue pas une opinion comme une autre, mais un bien délit nettement caractérisé.
Les polices municipales ne peuvent s’exonérer du respect des principes républicains. Elles ne se trouvent pas, ni de droit ni de fait, au service privé exclusif du maire de la commune, dans une logique féodale obsolète. Elles n’ont pas à se transformer par instinct en « cow-boys » improvisés, qui plus est quand elles peuvent être parfois lourdement armées. A Carcassonne, comme ailleurs…
Les polices municipales, comme leur homologue nationale, doivent œuvrer au respect des principes républicains. En ce domaine, ce sont la sûreté et la tranquillité publiques qui servent de boussole. A condition de ne pas confondre comme c’est trop souvent le cas sûreté et sécurité, et encore moins avec « sécuritarisme ». Le terme sûreté provient de la Révolution française (article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789) qui désigne la protection due à chaque personne contre toutes les formes d’atteintes et de violences, et notamment celles pouvant découler du pouvoir politique. Ce qui avait un sens en ces temps de monarchie absolue de droit divin où régnait l’arbitraire symbolisé par les lettres de cachet ou la prééminence du « fait du prince ».
Cette précision utile est à méditer quand il s’agira de refonder une police républicaine, « de la cave au grenier », partout en France. Il serait sans doute opportun de substituer le terme « gardien de la paix » à celui de « force de sécurité » afin de renouer avec les fondements du mot et de la chose…
Francis DASPE
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