PISA, les pyromanes et les Diafoirus
La récente enquête PISA de l’OCDE sur les questions d’éducation a été dévoilée. Elle indique une dégradation du niveau des élèves français. Quand bien même notre pays se maintient dans la moyenne des pays de l’OCDE.
Les critères utilisés par PISA sont d’abord à nuancer et à contextualiser. Ils traduisent une vision anglo-saxonne de l’éducation favorisant une conception libérale du savoir fondée sur le primat des compétences et de l’employabilité à court-terme. C’est assurer le triomphe de connaissances minimalistes et utilitaristes, loin des missions d’émancipation d’une véritable Ecole de la République. Dans ces conditions, PISA validerait un improbable « modèle asiatique », à supposer qu’il en existe un.
La pensée dominante fait mine de s’alarmer du constat peu reluisant. Elle oublie cependant d’indiquer que la situation s’est notoirement dégradée en raison de politiques libérales voulant transformer le service public d’éducation, pour faire bref, en « marché, marchandise et entreprise ». Dans cette logique destructrice, le double quinquennat du Président Macron a joué un rôle d’accélérateur, comme je le montre dans mon dernier livre sur l’éducation, « Blanquer à l’assaut de l’Ecole de la République. Chronique militante d’une casse et d’un casse » (éditions du Borrego, décembre 2021). Les pyromanes se trouvent dans ce vaste bloc bourgeois qui a gouverné depuis plus de 20 ans, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, Philippe, Attal ou Retailleau. Qu’aucun ne soit oublié ou ne s’oublie..
Ils ne peuvent pas se présenter en éventuels pompiers, leurs politiques de restrictions budgétaires, d’austérité, de suppressions de postes, de marchandisation, de déstabilisation de l’institution par des conditions d’enseignement toujours plus difficiles aussi bien pour les élèves que pour les professeurs les discrédite puissamment et durablement. Leurs propositions sont de nature à aggraver les maux de l’école. En cela, ils peuvent être qualifiés de Diafoirus des temps modernes, du nom du médecin de la pièce de Molière, « Le Malade imaginaire », qui prescrivait sans barguigner saignées sur saignées finissant par tuer le patient. C’est aujourd’hui la stratégie des « déclinistes » malveillants qui veulent démanteler l’école en tant que service public pour la vendre à l’encan au marché.
La définition donnée dans un dictionnaire classique désigne un diafoirus comme un médecin ignorant, prétentieux et aux méthodes vieillottes. A cette formulation, certes sommaire, rien à rajouter…
Francis DASPE
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