Le processus par lequel l’extrême droite se retrouve aux portes du pouvoir en Saxe-Anhalt
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Le parti d’extrême, Alternative pour l’Allemagne (AfD), est arrivé largement en tête ce dimanche à l’occasion des élections régionales du land de Saxe-Anhalt, situé dans l’ancienne Allemagne de l’Est (RDA). Il recueille plus de 44 % des suffrages, devançant nettement de près de 25 % le parti de la droite conservatrice, la CDU, le sortant arrivé en deuxième position du scrutin. Un parti ouvertement néo-nazi se retrouve aux portes du pouvoir, quand bien même serait-il « seulement » régional. Trois raisons méritent d’être prises en considération pour expliquer cette situation préoccupante.
Les conditions de la réunification allemande en 1990 sont à relever. Celle-ci s’est davantage déroulée comme une annexion de l’Est, où se trouve la région de Saxe-Anhalt, par l’Ouest, avec une véritable mise en coupe réglée des entreprises et des services publics de l’ancienne RDA. Il ne peut exister de territoires relégués et de populations humiliées, sans quoi des traumatismes subsistent durablement. A méditer quand certains, ici, manient sans retenue discrimination et stigmatisation...
L’Allemagne a été le laboratoire de la tyrannie de la politique « du pareil au même », se traduisant par des alternances sans alternative dans la logique de la seule politique (libérale) possible. Démocrates-chrétiens de la CDU et sociaux-démocrates du SPD menaient des politiques grosso modo identiques. Quand ce jeu de dupes ne fut plus possible, les deux gouvernèrent ensemble dans des grandes coalitions. Ces alliances contre-nature constituent un déni permanent de la souveraineté populaire qui refuse la reconduction des vieilles politiques pourtant inefficaces et désavouées.
Enfin, tout à été fait pour discréditer méthodiquement la possibilité de victoire de politiques de rupture populaire. Tout autre partage des richesses en faveur des plus modestes devait être évité à tout prix. Créer de la sorte un tel sentiment de désespérance revient à favoriser la politique du pire. Fort heureusement, en France, l’espoir de rupture existe avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Une succession de choix politiques catastrophiques conduit à ce désastre. Ils possèdent hélas leur déclinaison en France. L’arrivée au pouvoir de l’extrême droite n’est jamais une fatalité. En politique, en ce qui concerne le pire, tout reste résistible, rien n’est en fin de compte irrésistible.
Francis DASPE
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